Je me levais du banc et commençais à marcher. L'eau du fleuve était boueuse.
Ces visages, comme floutés ! Tous les passants m'étaient donc inconnus. Je décidais d'en aborder un, sans pourtant n'avoir aucun moyen de déceler chez lui un sourire, ou un expression. Alors que je le saluais avec un sourire expérimental, et que je découvrais sa voix, je commençais peu à peu à deviner ses traits. Ainsi, ne pouvait-on connaître quelqu'un quand lui adressant la parole. Il s'était arrété. Je décidais de pousser l'expérience plus loin. Je lui parlais de moi, de mon enfance, et lui, par politesse feinte, il restait là, à dodeliner de la tête, en souriant, oui en souriant, je le voyais bien, maintenant. Je le saluais et il repartit. Son visage restait clair.

