Le recueil des Sourires

Salade Mélée...

le 02/10/2007 à 19h08

Voyage en train. Il lorgne mon épaule, elle me regarde par le biais de la vitre.


Salade mélée, exerice le plus simple et en même temps le plus purificateur. Moins de 30 minutes pour écrire ce qui me tiens à coeur par je ne sais pas quelle façon. Bizarre, vicieux, doux, cucul, mais "qu'est ce que je veux bien dire ?". Peut être rien. Peut être suis-je pire que ce que je pensais...


Il se rapella alors de ce qu'elle avait dit trois heures auparavant: elle irait au port.


SALADE MELEE


1. Depuis toujours le spectacle qui m'enchante le plus est celui des feux d'artifices. Ces détonations meurtrières dans la nuit ravissent mes sens et je sens en moi frétiller le goût pour la violence des canons sur un galion pirate. Je m'élance et saute, sus à l'ennemi qui collectionne les richesses. Je les effrais ? Ils sautent à la mer. Et l'envie du sang qui m'étreignait ? Heureusement dans la cale, un môme se cache. Délicate, je l'enjoins à sortir et soudain sur son corps frêle je fonds ! je l'étrangle, je m'arréte, recueille ses derniers soupirs. Les gars exultent et pis l'achéve. 


2. Qui aurait cru que c'était moi qui sous cet orage avait recueilli la foudre dans mes mains ? Je l'avais faite danser du ciel jusqu'à la terre.


3. Un, deux, trois. Léon se cache, il a peur que Camille le trouve.


Quatre, cinq, six. Le soir tombe, Camille ne trouve pas Léon.


Sept, Huit, neuf. Le lendemain matin la maman de Léon trouve sous le chapeau de Léon son petit corps devant le pas de la porte.


 

Bel Ami

le 02/10/2007 à 19h22

J'avais déjà lu deux fois Bel Ami. Il m'a fallu un peu plus d'années et une troisiéme lecture pour en trouver un passage encore plus grand et fort que les autres. Maupassant nous donne un texte fort sur un sujet qui me touche d'une façon extraordinaire : la mort et la peur qu'elle inspire. Je vous copie le passage du livre pour vous en rendre compte vous même.

Et il se tut. Duroy, qui se sentait le coeur gai, ce soir-là, dit, en souriant :

" Vous avez du noir, aujourd'hui, cher maître. "

Le poète répondit .

" J'en ai toujours, mon enfant, et vous en aurez autant que moi dans quelques années. La vie est une côte. Tant qu'on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux ; mais, lorsqu'on arrive en haut, on aperçoit tout d'un coup la descente, et la fin qui est la mort. Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend. A votre âge, on est joyeux. On espère tant de choses, qui n'arrivent jamais d'ailleurs. Au mien, on n'attend plus rien... que la mort. "

Duroy se mit à rire :

" Bigre, vous me donnez froid dans le dos. "

Norbert de Varenne reprit :

" Non, vous ne me comprenez pas aujourd'hui, mais vous vous rappellerez plus tard ce que je vous dis en ce moment.

" Il arrive un jour, voyez-vous, et il arrive de bonne heure pour beaucoup, où c'est fini de rire, comme on dit, parce que derrière tout ce qu'on regarde, c'est la mort qu'on aperçoit.

" Oh ! vous ne comprenez même pas ce mot-là, vous, la mort. A votre âge, ça ne signifie rien. Au mien, il est terrible.

" Oui, on le comprend tout d'un coup, on ne sait pas pourquoi ni à propos de quoi, et alors tout change d'aspect, dans la vie. Moi, depuis quinze ans, je la sens qui me travaille comme si je portais en moi une bête rongeuse. Je l'ai sentie peu à peu, mois par mois, heure par heure, me dégrader ainsi qu'une maison qui s'écroule. Elle m'a défiguré si complètement que je ne me reconnais pas. Je n'ai plus rien de moi, de moi l'homme radieux, frais et fort que j'étais à trente ans. Je l'ai vue teindre en blanc mes cheveux noirs, et avec quelle lenteur savante et méchante ! Elle m'a pris ma peau ferme, mes muscles, mes dents, tout mon corps de jadis, ne me laissant qu'une âme désespérée qu'elle enlèvera bientôt aussi.

" Oui, elle m'a émietté, la gueuse, elle a accompli doucement et terriblement la longue destruction de mon être, seconde par seconde. Et maintenant je me sens mourir en tout ce que je fais. Chaque pas m'approche d'elle, chaque mouvement, chaque souffle hâte son odieuse besogne. Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c'est mourir. Vivre enfin, c'est mourir !

" Oh ! vous saurez cela ! Si vous réfléchissiez seulement un quart d'heure, vous la verriez.

" Qu'attendez-vous ? De l'amour ? Encore quelques baisers, et vous serez impuissant.

" Et puis, après ? De l'argent ? Pour quoi faire ? Pour payer des femmes ? Joli bonheur ? Pour manger beaucoup, devenir obèse et crier des nuits entières sous les morsures de la goutte ?

" Et puis encore ? De la gloire ? A quoi cela sert-il quand on ne peut plus la cueillir sous forme d'amour ?

" Et puis, après ? Toujours la mort pour finir.

" Moi, maintenant, je la vois de si près que j'ai souvent envie d'étendre les bras pour la repousser. Elle couvre la terre et emplit l'espace. Je la découvre partout. Les petites bêtes écrasées sur les routes, les feuilles qui tombent, le poil blanc aperçu dans la barbe d'un ami me ravagent le coeur et me crient : " La voilà ! "

" Elle me gâte tout ce que je fais, tout ce que je vois, ce que je mange et ce que je bois, tout ce que j'aime, les clairs de lune, les levers de soleil, la grande mer, les belles rivières, et l'air des soirs d'été, si doux à respirer ! "

Il allait doucement, un peu essoufflé, rêvant tout haut, oubliant presque qu'on l'écoutait.

Il reprit : " Et jamais un être ne revient, jamais... On garde les moules des statues, les empreintes qui refont toujours des objets pareils ; mais mon corps, mon visage, mes pensées, mes désirs ne reparaîtront jamais. Et pourtant il naîtra des millions, des milliards d'êtres qui auront dans quelques centimètres carrés un nez, des yeux, un front, des joues et une bouche comme moi, et aussi une âme comme moi, sans que jamais je revienne, moi, sans que jamais même quelque chose de moi reconnaissable reparaisse dans ces créatures innombrables et différentes, indéfiniment différentes bien que pareilles à peu près.

" A quoi se rattacher ? Vers qui jeter des cris de détresse ? A quoi pouvons-nous croire ?

" Toutes les religions sont stupides, avec leur morale puérile et leurs promesses égoïstes, monstrueusement bêtes.

" La mort seule est certaine. "

Il s'arrêta, prit Duroy par les deux extrémités du col de son pardessus, et, d'une voix lente :

" Pensez à tout cela, jeune homme, pensez-y pendant des jours, des mois et des années, et vous verrez l'existence d'une autre façon. Essayez donc de vous dégager de tout ce qui vous enferme, faites cet effort surhumain de sortir vivant de votre corps, de vos intérêts, de vos pensées et de l'humanité tout entière, pour regarder ailleurs, et vous comprendrez combien ont peu d'importance les querelles des romantiques et des naturalistes, et la discussion du budget. "

Il se remit à marcher d'un pas rapide.

" Mais aussi vous sentirez l'effroyable détresse des désespérés. Vous vous débattrez, éperdu, noyé, dans les incertitudes. Vous crierez " A l'aide " de tous les côtés, et personne ne vous répondra. Vous tendrez les bras, vous appellerez pour être secouru, aimé, consolé, sauvé ; et personne ne viendra.

" Pourquoi souffrons-nous ainsi ? C'est que nous étions nés sans doute pour vivre davantage selon la matière et moins selon l'esprit ; mais, à force de penser, une disproportion s'est faite entre l'état de notre intelligence agrandie et les conditions immuables de notre vie.

" Regardez les gens médiocres : à moins de grands désastres tombant sur eux ils se trouvent satisfaits, sans souffrir du malheur commun. Les bêtes non plus ne le sentent pas. "

Il s'arrêta encore, réfléchit quelques secondes, puis d'un air las et résigné :

" Moi, je suis un être perdu. Je n'ai ni père, ni mère, ni frère, ni soeur, ni femme, ni enfants, ni Dieu. "

Il ajouta, après un silence : " Je n'ai que la rime, "

Puis, levant la tête vers le firmament, où luisait la face pâle de la pleine lune, il déclama :



_Et je cherche le mot de cet obscur problème

Dans le ciel noir et vide où flotte un astre blême_.



Ils arrivaient au pont de la Concorde, ils le traversèrent en silence, puis ils longèrent le Palais-Bourbon. Norbert de Varenne se remit à parler :

" Mariez-vous, mon ami, vous ne savez pas ce que c'est que de vivre seul, à mon âge. La solitude, aujourd'hui, m'emplit d'une angoisse horrible ; la solitude dans le logis, auprès du feu, le soir. Il me semble alors que je suis seul sur la terre, affreusement seul, mais entouré de dangers vagues, de choses inconnues et terribles ; et la cloison, qui me sépare de mon voisin que je ne connais pas, m'éloigne de lui autant que des étoiles aperçues par ma fenêtre. Une sorte de fièvre m'envahit, une fièvre de douleur et de crainte, et le silence des murs m'épouvante. Il est si profond et si triste, le silence de la chambre où l'on vit seul. Ce n'est pas seulement un silence autour du corps, mais un silence autour de l'âme, et, quand un meuble craque, on tressaille jusqu'au coeur, car aucun bruit n'est attendu dans ce morne logis. "

Il se tut encore une fois, puis ajouta :

" Quand on est vieux, ce serait bon, tout de même, des enfants ! "

Ils étaient arrivés vers le milieu de la rue de Bourgogne. Le poète s'arrêta devant une haute maison, sonna, serra la main de Duroy, et lui dit :

" Oubliez tout ce rabâchage de vieux, jeune homme, et vivez selon votre âge ; adieu ! "

Et il disparut dans le corridor noir.

J'crève de trouille

le 06/10/2007 à 09h18

A vrai dire je ne me crois pas heureuse, ou non, plutôt, je crois que quelque chose cloche. Ce malaise qui m'envahit c'est comme une immense cloque qui me prend du haut jusqu'en bas, qui titille un nerf du pied et qui m'donne souvent des nausées. Alors je me demande, 'est-ce que ça vient de lui?'.


Y'a pas à dire, je l'aime. J'aime tout. Non, sauf une chose, une chose qui existe à l'extrémité de sa main, la souris, l'écran. Il se détourne de moi. Comment doit on réagir quand on se couche seule le soir, parce qu'il veut jouer ? Parce qu'on se réveille quatre heure aprés son coucher pour lui souhaiter bonne nuit et se retourner dans le lit, dos à lui, les larmes aux yeux ?


A vrai dire, je ne me crois pas heureuse. Mais je ne le changerais pas. Il ne comprends pas. Il n'a pas besoin de moi autant que j'ai besoin de lui. Et c'est peut être ça, aussi, qui me blesse. Moi, sans lui, même si je peine à le dire, beaucoup de choses sont moins drôles et je ne suis pas vraiment la fille que je crois être. Ca me déplait. (Gorgée de café salvatrice, mi-temps pour mes deux et pour mon cerveau).


Y'a pas à dire, je l'aime. J'aime tout. Sauf ce PC, toujours ignoble excuse pour s'eclipser !J'essaye des parades pour déjouer la tristesse, je m'assoies sur lui, joue avec lui, bois du café, lis, écoute la radio, peins, va à la bibliothéque, chante, cuisie, fais la vaiselle, danse, travaille ... Peine perdue. Je m'en arracherais les cheveux. il me dit qu'il ne peut pas vivre pour moi. Ce n'est pas comme ça qu'il le dit, mais c'est ainsi que je le perçois. Quand comprendra t'il que j'ai grandit avec un modéle sous les yeux, papa-maman collés-serrés, heureux.


Non, je ne veux pas réécrire leur histoire. Mais j'ai besoin de ça. D*****, je t'ai donné déjà quasi une année, j'ai cedé à la honte quand il le fallait, j'ai abandonné mes refrains de la célibattaire tout-terrain. Oui ! Moi je croyais au divorce, enfin, au non mariage, "j'ai le plaisir de ne pas te demander ta main !", et voilà que tu arrives et que tu déranges tout : mes idées, mes apprioris, mes rêves aussi, et surtout mon coeur. C'est gros ce que je ressens pour toi puisque que désormais mon monde, c'est toi. Et toi tu voudrais que j'ouvre ma bulle, que j'ai d'autres centres d'intêrets et en même temps que tu ressentes que je t'aime. Mais, ., je suis trop passionnelle, chez moi c'est tout ou rien, j'devrais peut être me faire soigner, j'en sais rien, (gorgée café), mais est ce qu'on saura encore s'aimer si l'un et l'autre on d'autres choses en tête ? J'ai envie d'chialer comme à chaque fois qu'on déranbge mes idées, c'est plus fort que moi de m'apercevoir que peut être demain, tu m'aimeras plus.


Je crois que tu m'aimes, et à l'exception du pc, tu es parfait. J'aime tout chez toi. Hormis peut être le fait que tu ne penses pas toujours à moi.

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