Mon café a goût salé, P't'être qu'j'y ais trop pleuré.
Mon café a l'air morose, P't'être bien parce que dans la mousse se réfléte ma tronche.
J'dis des horreurs sur ton père, ça m'défoule.
Il devrait pas te ... Et te ...
Il ne sait pas ce que c'est que d'avoir des mômes turbulents, chiants, dérageants.
Moi j't'aime pour ce que tu es, pour tes regards enjôleurs, pour tes yeux amandes, pour tes rides aux coins des yeux quand tu ris, pour ton nez droit, pour ta bouche groumande, pour tes mains douces, pour tes grandes jambes, pour tes pieds pas sur terre, ...
Moi j't'aime pour ce que tu es, pour tes grands éclats de rire, pour ton silence quelquefois, pour tes murmures, pour ta gentillesse, pour ta générosité, pour tes faiblesses, pour ta force ...
Lui... Turbulents, chiants, dérangeants.
J'remplace ni père, ni mère, j'ch'ais pas le faire, mais pitié, j'voudrais tant t'expliquer qu'lui il sait pas t'aimer, j't'en donnerais moi d'l'amour, j'partagerais mes parents, mon chien, et même l'café, mon frère, les livres, le lit.
Viens mon chéri, oublie le méchant, p't'être qu'j'le comprends pas, mais viens.
Montre lui que tu n'es pas une chose, asujettie à ses ordres, qu'tu es son fils. Aide le à réapprendre à être celui que tu dis qu'il était. Mais pas en disant Amen à ce qu'il veut, et le troublant, et le balaçant de son piedéstal où il s'est installé, dans ton coeur, dans tes yeux, dans tout ce que tu oses faire pour lui.
Tu n'es pas un vilain môme qu'on devrait gronder, tu es un jeune homme, que j'aime tant, à épauler, à accompagner, à aimer, oui, aimer, pour toujours, pour toutes tes qualités, pour toutes les faiblesses qu'il a créé.
Je ne suis ni père, ni mère, mais j'veux les combler...


