Le recueil des Sourires

Moyen-Âge

le 27/06/2005 à 13h24
J’étais debout sur le balcon et j’observais le monde qui se déroulait tel un tapis de rêve sous mes yeux. Des cris et des hèles retentissaient de toutes parts et le soleil commençait à colorer ma peau. La nuit avait été plus rude que les autres car plus froide et le lit conjugal était désespérément vide. Il était parti là-bas, peut être pour toute la vie, croiser le fer avec les barbares tels qu’on aimait à les appeler. Il était dans ses montagnes au loin ou alors déjà mort pour une cause pécuniaire. Il n’aura même pas eu d’héritier. Ce petit bonhomme qu’il désirait tant, ce petit combattant dont il avait parlé avec tant de ferveur…
Je serais déclarée veuve, on me courtisera, j’en épouserais un autre qui mourra à son tour. Car leur vie n’est pas éternelle à ces fiers petits soldats, ils tombent comme des mouches, on les aplatit d’un coup d’épée ou de gloire. Et moi je suis observatrice d’une telle débâcle, et moi je ne suis que passive dans une guerre de fous.
Car les hommes sont fous par ici, ils se construisent pour mourir de leur apprentissage, ils grandissent pour l’envie et l’honneur de périr dans une mare de sang. Mais celui-ci je crois l’aimer. Enfin, « aimer » est un bien grand mot pour de si petits hommes…
Est-ce que l’amour peut exister ? Je n’en sais rien car moi-même je ne suis pas grand-chose…

Le monstre qui tuait

le 27/06/2005 à 13h35
Alors il advint de ces choses qui ne valaient plus la peine de vivre. Qui sortait, souffrait ; qui souffrait, mourrait. La chose s’était répandue en chacun de nous, et il était difficile d’en protéger nos enfants. Nos vies étaient entre les mains des chercheurs, mourrant eux-mêmes sous la pression de la bête envahissante. Si les gens n’avaient pas commencé, à jouer a changeons tous les soirs, le monde, le monde n’agoniserait pas.
Maintenant la frayeur était à son comble, il nous était impossible de perpétuer la race humaine sans blesser nos futurs enfants, de ce mal si profond qui écorche l’âme et fait plier le dos. Mes enfants, nés avant le mal et mûrs avant l’âge, conscient de la vie mais surtout de la mort, avaient leurs avis sur la question.
« - Maman, il ne faut plus aimer… Si les gens ne s’aimaient pas, plus personne ne mourrait.. »
Entendre un ‘tit bout de 5 ans, conscient du mal qui l’entourait, cela me faisait réfléchir sur les naissances autour de moi … Alors je le pris dans mes bras, et je lui murmurais :
« -Ne t’inquiète pas mon amour… Maman t’aime, mais cet amour ne te détruira pas. Le monstre ne te touchera pas. Car il loin d’ici, car tu es pur, et que ça sera ta décision de prendre des risques par amour, si tu le souhaites… N’y pense plus mon bébé… Dors tranquillement, je te protége. Personne ne te fera du mal… »

Sortez couverts…

Parallèle réalité, rêve

le 27/06/2005 à 14h14
Ouvrant les yeux sur une réalité extérieure à la mienne, je m’endormais tout prés des torrents et apprécier le doux murmures du vent sur les arbres à longueur de journée.
Il me fallut du courage pour me séparer de ce monde, qui, ancré dans ma tête, vivait en moi. Les moindres bruits, un simple promeneur me ramenait dans ce monde qui s’agitait en attendant ma venue.
J’avais été celte dans une autre vie j’en étais persuadée. Il aurait été impossible qu’un cerveau humain puisse générer autant d’images, aussi précises que diverses, stagnantes puis animées. Je croisais même des gens dans ce formidable univers, et je savais des informations à leur sujet. Tout ceci m’étonnait, et me ravissait. J’aurais aimé que rien n’exista en dehors de ma forêt, de ma rivière et de ce village enchanté. Mais peut être n’en aurais-je pas apprécié toute la saveur.
En dehors de notre monde de technologie, de machines, de coup de fil, il avait mon imaginaire (ou ma mémoire qui sait ?), et l’on me traitait trop souvent de rêveuse au goût de mes parents. Tant pis. Un jour, je savais que je serais aspirée toute entière dans ma tête, et que, dans le monde robotisé, on me traiterait de folle et l’on m’enfermerait. Mais j’aurais été la plus libre de toutes les humaines, pouvons à l’envie, modifier ma vie comme je l’entendais.

La réalité n’étant que ce que l’on veut bien en voir…

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